Il existe divers manuscrits contemporains qui expliquent les planches des Caprichos. Celui qui se trouve au Musée du Prado est considéré comme un autographe de Goya, mais semble plutôt chercher à dissimuler et à trouver un sens moralisateur qui masque le sens plus risqué pour l'auteur. Deux autres, celui qui appartient à Ayala et celui qui se trouve à la Bibliothèque nationale, soulignent la signification plus décapante des planches[1].
Explication de cette gravure dans le manuscrit du Musée du Prado : Así va el mundo, unos a otros se burlan y torean: el que hacía de toro, hoy hace de caballero en plaza. La fortuna dirige la fiesta y distribuye los papeles, según la inconstancia de sus caprichos. (Ainsi va le monde, les uns se moquent des autres et se toréent. La fortune dirige la fête et distribue les rôles, selon l'inconstance de ses caprices)[2].
Manuscrit de Ayala : Aún siendo los hombres unos carcamales[3], se torean los unos a los otros. (Tout en étant de vieilles carcasses, les hommes se toréent les uns les autres)[2].
Manuscrit de la Bibliothèque nationale : Todavía se torean unos a otros los viejos carcamales[3]. (Voltaire y Piron.) (Les vieilles carcasses se toréent encore les unes les autres. (Voltaire et Piron[4].))[2].
Les hommes se combattent comme dans une corrida, et s'entraînent à tuer sur un mannequin d'osier pendant que la Fortune distribue les rôles.
Technique de la gravure
L'estampe mesure 213 × 149 mm sur une feuille de papier de 306 × 201 mm.
Goya a utilisé l'eau-forte, l'aquatinte brunie, la pointe sèche et le burin. Dans l'angle supérieur droit : « 77 ».
Le dessin préparatoire est à la sanguine. Dans l'angle inférieur gauche, au crayon : « 73 ». Le dessin préparatoire mesure 204 × 144 mm.
Catalogue
Numéro de catalogue G02165 de l'estampe au Musée du Prado.
Numéro de catalogue D04229 du dessin préparatoire au Musée du Prado.
↑ a et bCarcamal : “Vieux, inutile, cassé” (Esteban de Terreros y Pando, Diccionario castellano con las voces de ciencias y artes, Madrid, 1786-1793).
↑Alexis Piron dans sa pièce La Métromanie (1783), a réalisé un portrait satirique de Voltaire, devenu admirateur de la poétesse « Mlle Malcrais de La Vigne » qui n'était qu'un pseudonyme sous lequel se cachait Paul Desforges-Maillard.
Annexes
Bibliographie
(es) José Camon Aznar, Francisco de Goya, t. III, Saragosse, Caja de Ahorros de Zaragoza, Aragón y Rioja. Instituto Camon Aznar, , 371 p. (ISBN978-84-500-5016-5).
(es) Juan Carrete Parrondo, Goya. Los Caprichos. Dibujos y Aguafuertes, Madrid, Central Hispano. R.A.de Bellas Artes de San Fernando. Calcografía Nacional, (ISBN84-604-9323-7), « Francisco de Goya. Los Caprichos ».
(es) Rafael Casariego, Francisco de Goya, Los Caprichos, Madrid, Ediciones de arte y bibliofilia, (ISBN84-86630-11-8).
(es) Gabinete de Estudios de la Calcografía., Clemente Barrena, Javier Blas, José Manuel Matilla, José Luís Villar et Elvira Villena, Goya. Los Caprichos. Dibujos y Aguafuertes, Central Hispano. R.A.de Bellas Artes de San Fernando. Calcografía Nacional, (ISBN84-604-9323-7), « Dibujos y Estampas ».
(es) Edith Helman, Transmundo de Goya, Madrid, Alianza Editorial, , 238 p. (ISBN84-206-7032-4).